Vendredi 31 juillet 2026 Newsletter Contact
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Erreur à éviter en tant qu’aidant : négliger son propre bien-être

Erreur à éviter en tant qu’aidant : négliger son propre bien-être

S’occuper d’un proche en perte d’autonomie ou malade est un engagement considérable, souvent porteur de sens mais aussi très exigeant. Entre le souci du bien-être de l’autre et la gestion du quotidien, il arrive fréquemment de s’oublier soi-même. Pourtant, préserver sa santé physique et morale est indispensable pour accompagner durablement son proche et éviter l’épuisement.

Pourquoi il est si facile de s’oublier dans le rôle d’aidant ?


La majorité des aidants partagent un même constat : ils placent spontanément les besoins de leur proche avant les leurs. Plusieurs raisons expliquent cette tendance naturelle :

  • Sens du devoir et de la responsabilité : on se sent indispensable, parfois même coupable de penser à soi.
  • Peur de déléguer : confier certaines tâches à d’autres engendre parfois de la méfiance ou la crainte d’être jugé.
  • Manque de temps : entre démarches administratives, soins, organisation de la maison, il n’est pas évident de s’accorder des pauses.
  • Isolement : en s’occupant d’un proche, le cercle social se restreint, limitant les échanges sur ses propres ressentis.

Exemple : Marie, 63 ans, accompagne son mari atteint de la maladie d’Alzheimer. Entre les rendez-vous médicaux et la gestion du quotidien, elle s’aperçoit qu’elle ne s’est pas rendue chez son médecin depuis plus d’un an.

Les signaux d’alerte à ne pas négliger


Le surinvestissement dans l’aide peut entraîner des conséquences sérieuses sur la santé. Il est important de reconnaître certains signes d’alerte :

  • Irritabilité, perte de patience ou de moral
  • Fatigue chronique, troubles du sommeil
  • Douleurs physiques (dos, articulations, maux de tête récurrents)
  • Baisse de l’appétit ou au contraire grignotages excessifs
  • Désintérêt pour les anciennes passions ou pour la vie sociale
  • Sensations d’angoisse ou idées noires

Exemple : Lorsqu’il commence à prendre soin de sa mère, Alain se sent utile et motivé. Mais au fil des mois, il s’énerve facilement, dort mal et n’a plus envie de voir ses amis. Ce sont les premiers symptômes du « syndrome d’épuisement de l’aidant ».

Des stratégies concrètes pour préserver son équilibre


Prendre soin de soi n’est ni égoïste, ni superflu. Au contraire, c’est la meilleure manière de rester présent et efficace auprès de son proche. Quelques gestes à adopter au quotidien :

  • Accepter d’être imparfait : il est normal de ne pas tout réussir, chaque journée est différente.
  • S’accorder des pauses régulières : lire, marcher, jardiner ou simplement prendre le temps de souffler quelques minutes.
  • Conserver une vie sociale : un café partagé avec un ami ou une activité de loisir aide à sortir du quotidien.
  • S’informer sur les dispositifs de répit : accueil de jour, aides à domicile, relais de proches… Ces solutions évitent l’isolement et permettent de se reposer.
  • Faire appel à son entourage : déléguer ponctuellement et accepter l’aide proposée.
  • Entretenir sa santé : consulter régulièrement médecin, dentiste ou opticien, même sans symptôme alarmant.

Exemple : Claire, 70 ans, sollicite désormais une auxiliaire de vie une après-midi par semaine pour aller à la piscine. Au début, elle se sentait coupable mais comprend vite que ce temps de pause l’aide à retrouver énergie et patience.

Oser parler de ses difficultés et se faire accompagner


Mettre des mots sur ses difficultés offre un premier soulagement. Il existe de nombreux relais pour aider et partager son vécu :

  • Groupes de paroles pour aidants animés par les associations locales ou la commune
  • Permanences d’écoute psychologique, en présentiel ou par téléphone
  • Conseillers sociaux, médecins traitants, assistants sociaux
  • Plateformes numériques (ex : démarches simplifiées, espaces d’échanges en ligne entre aidants)
  • Actions proposées par certaines caisses de retraite ou mutuelles (ateliers, formations pour aidants)

Exemple : Depuis qu’il a rejoint un groupe de paroles organisé par la mairie, Luc a pris conscience qu’il n’est pas seul à vivre ses difficultés d’aidant et trouve de précieux conseils pour mieux gérer les périodes de fatigue.

Penser à l’avenir pour ne pas s’épuiser


Anticiper et s’organiser aide à réduire la charge mentale. Une réflexion sur l’évolution de la situation est utile pour éviter les crises :

  • Recenser toutes les ressources d’aide de son territoire : associations, organismes publics, bénévoles.
  • Établir un planning prévisionnel pour répartir les tâches et les temps de repos.
  • Former l’entourage ou solliciter des relais familiaux ponctuels en cas d’absence ou d’imprévu.
  • Anticiper les démarches administratives (demandes d’APA, d’aide-ménagère...), si la situation du proche évolue.
  • Tenir un carnet de bord : noter les coordonnées utiles, les horaires, les besoins spécifiques pour ne pas improviser en cas de difficulté.

Exemple : Marc a établi un tour de garde avec ses deux sœurs pour que chacun assure une partie des visites hebdomadaires auprès de leur mère. Cela le soulage et préserve l’équilibre familial.

Conclusion : prendre soin de soi pour aider durablement


Être aidant demande un engagement admirable, mais il est primordial de se préserver face aux risques d’épuisement. Écouter les signaux d’alerte, s’autoriser des pauses, demander du soutien et anticiper sont autant de réflexes qui permettent de tenir sur la durée. Prendre soin de son propre bien-être, c’est aussi garantir à son proche une présence stable, bienveillante et de qualité.

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